mercredi 30 novembre 2016

Bilan de mes lectures de novembre 2016

Un peu moins de très belles lectures lors de ce mois de novembre mais de belles découvertes quand même... 




  • Une biographie romancée de Van Gogh très consistante dont on n'a pas assez parlé : Vincent qu'on assassine  de  Marianne Jaéglé
  • Une relecture et toujours le même éblouissement : L'ombre de nos nuits de Gaëlle Josse


mardi 29 novembre 2016

La succession de Jean-Paul Dubois



Date de parution : août 2016 aux éditions de l'Olivier
Nombre de pages : 240

La mort choisie

Paul, la trentaine, est joueur professionnel de pelote basque à Miami. Originaire de Toulouse, il est médecin mais a fui son métier et sa famille toxique.

En effet quelle étrange famille il a ! Sa mère Anna est plus sœur qu'épouse ou mère et développe une relation fusionnelle avec son frère Jules, son père est un médecin original qui pratique en short l'été, son grand père, devenu médecin de Staline à Moscou a quitté l'URSS avec un morceau de l’encéphale de Staline dont il a pratiqué l'autopsie...
Dans cette famille chacun vaque à ses occupations dans l'indifférence des autres mais c'est surtout une famille qui manque d'élan vital "tout simplement parce qu'ils n'avaient jamais su comment se tenir sur la terre ou dans l'eau." où le suicide est promu au rang de "sport national" , chacun a une "propension à quitter le théâtre avant la fin de la pièce."
Dans cette famille suicidaire chacun se suicide sans raison apparente et sans explication en prenant soin de mettre sa mort en scène.

dimanche 27 novembre 2016

Les vies de papier de Rabih Alameddine

 

Date de parution : août 2016 aux Editions Les Escales
Nombre de pages : 330

Prix fémina étranger 2016
 
La narratrice, Aaliya est une vieille femme libanaise de 72 ans. Elle vit à Beyrouth et ressasse ses souvenirs pendant ses longues nuits sans sommeil.

Autodidacte, c'est une ancienne libraire, une amoureuse de la littérature qui continue à faire des traductions selon sa méthode bien personnelle.

Veuve d'un mari qui l'a répudiée car ils ne pouvaient pas avoir d'enfant, elle vit seule dans un appartement qui comprend une pièce de lecture envahie de livres. Elle se définit comme une "créature d'habitudes, d'années d'habitudes" et classe ses traductions dans des boîtes dans une chambre et dans la salle d'eau quand elle manque de place.
C'est une femme solitaire qui n'apprécie pas la compagnie des gens, elle reprend à son compte la phrase de Fernando Pessoa "la solitude me désespère;  la compagnie des autres me pèse."
C'est une forte personnalité qui sait ce qu'elle veut, pour preuve son attitude lorsqu'elle a besoin d'une arme à feu.

vendredi 25 novembre 2016

L'administrateur provisoire d'Alexandre Seurat


Date de parution : août 2016 aux Editions du Rouergue
Nombre de pages : 181


J'aime beaucoup découvrir de nouveaux auteurs avec leur premier roman. En 2015 Alexandre Seurat m'avait beaucoup marquée avec son roman La maladroite, inspiré d'un fait divers récent, le meurtre d'une enfant de huit ans par ses parents. Il est toujours intéressant de voir comment ces primo-romanciers franchissent le cap du deuxième roman surtout quand leur premier titre a connu un certain succès.

Dans son deuxième roman, Alexandre Seurat s'attaque à un terrible secret de famille.

Qu'est-ce qu'un administrateur provisoire?  C'est une personne chargée de "l'aryanisation"  des biens des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale dans la France de Vichy. Cet administrateur gère l'entreprise à la place du propriétaire juif, négocie la vente des fonds de commerce ou d'immeubles à des non-juifs spoliant ainsi les juifs de leurs biens et de leurs sources de revenus.

mercredi 23 novembre 2016

Qu'importe le chemin de Martine Magnin




Date de parution : octobre 2016 chez Astre bleu éditions
Nombre de pages : 192

Le parcours d'une mère et de son fils à la dérive

Alors que Martine est en période de séparation difficile avec son mari, Alexandre son fils de 8 ans, de retour de vacances avec son père, convulse. Alexandre est hospitalisé et le diagnostic d'épilepsie tombe. Un véritable séisme, la fin de l'insouciance... Crises et comas s'enchainent, Alexandre est rebelle aux traitements.
Martine va devoir intégrer la pathologie d'Alexandre dans leur vie tout en préservant Lola, sa petite sœur qui n'a que 2 ans. Heureusement le travail, le plaisir de coudre et de créer dans l'Atelier qu'elle dirige avec ses deux amies Coline et Eve offrent des soupapes à Martine.

Alexandre vit difficilement sa maladie et la marginalisation qu'elle entraine, son caractère devient plus difficile à l'adolescence, il refuse son traitement, devient incontrôlable. Il adopte des conduites à risque et quitte l'école habité de colère et rancœur envers ses parents. Il se marginalise peu à peu et vit dans la rue.
C'est la descente aux enfers, l'entrée dans un monde de violence et de drogues. "Drogues pour drogues, il en choisirait d'autres à sa convenance." Cette mère doit "faire le deuil de mon image idéalisée de mère aimante inconditionnelle et le deuil de l'image d'un fils parfait."

mardi 22 novembre 2016

L'ombre de nos nuits de Gaëlle Josse



Date de parution : janvier 2016 chez Notabila
Nombre de pages : 196

Une rencontre avec Gaëlle Josse à la bibliothèque et une lecture musicale de ce texte au festival de Voiron m'ont donné envie de relire ce merveilleux roman. 

Un jour, dans un musée de Rouen, une jeune femme, dont on ne connaîtra pas le nom, tombe en admiration devant un tableau, il s'agit de "Saint Sébastien soigné par Irène", tableau peint par Georges de La Tour vers 1649 et qu'il destine au Roi de France.
Sur ce tableau, le visage d'Irène est rempli d'attention et de compassion pendant qu'elle soigne Sébastien qui a une flèche plantée dans la cuisse. 

A partir de là, Gaëlle Josse mêle deux histoires d'amour très fortes et nous associe à la réalisation de ce tableau par Georges de La Tour. 

samedi 19 novembre 2016

Sauve qui peut (la révolution) de Thierry Froger



Date de parution : août 206 chez Actes Sud
Nombre de pages : 416

Thierry Froger a choisi pour ce roman un titre en forme de clin d’œil au film de Jean-Luc Godard Sauve qui peut (la vie).
Nous sommes en juin 1988, Jean-Noël Jeanneney, président de la Mission du Bicentenaire de la Révolution française commande un film à Jean-Luc Godard sur 1789. 
L'auteur imagine les aléas de ce projet fictif jamais réalisé.

jeudi 17 novembre 2016

Vincent qu'on assassine de Marianne Jaéglé

Date de parution : avril 2016 chez L'arpenteur-Gallimard
Nombre de pages : 316 

Grande admiratrice de Van Gogh, j'ai lu récemment le dernier roman de Jean-Michel Guenassia La valse des arbres et du ciel qui donne une version romancée des deux derniers mois de la vie de Van Gogh.

Deux historiens américains, Steven Naifeh et Gregory White Smith, auteurs d’une nouvelle biographie sur le peintre, "Van Gogh : the Life", remettent en cause la thèse du suicide de Van Gogh.  Jean-Michel Guenassia développe dans son roman une hypothèse sur la mort de Van Gogh.

Nicole du blog Motspourmots a récemment lu Vincent qu'on assassine, un roman sur la fin de la vie du peintre. Quand elle m'a proposé de faire une lecture croisée de ces deux romans, je n'ai pas hésité une seconde. Nous avons échangé nos livres et publions nos chroniques respectives le même jour (la chronique de Nicole sur La valse des arbres et du ciel est ici).
Une expérience originale et très agréable pour marquer la publication de mon 300ème article sur mon blog!

lundi 14 novembre 2016

Mauvais coûts de Jacky Schwartzmann




Date de parution : août 2016 à la Fosse aux Ours
Nombre de pages : 200

J'ai découvert ce roman lors de la présentation de la rentrée littéraire des auteurs de la région Rhône-Alpes- Auvergne par l'Arald début septembre. La présentation qu'en a fait l'auteur, la jolie couverture, la publication par les excellentes éditions lyonnaises de la Fosse aux Ours (qui publie notamment Antoine Choplin) m'ont convaincue de lire ce roman.

Gaby Aspinall, célibataire endurci de 47 ans, travaille dans une multinationale, il est acheteur et passe sa vie à négocier des prix auprès des fournisseurs qu'il doit sans cesse harceler et si possible arnaquer. Il se définit lui-même comme un prédateur et admet volontiers qu'il est un vrai salopard.

Ce roman est une satire sociale du monde de l'entreprise, l'auteur décrit avec beaucoup de cynisme ce monde où le maître mot est "optimiser", il décrit les réunions avec sa n+1 sur laquelle il fantasme, les "gars de l'atelier" qui obtiennent un certificat médical leur interdisant de balayer, les délégués syndicaux qui mènent des combats ridicules alors que l'entreprise est en passe d'être rachetée par une entreprise américaine, les consultants qui assurent des formations sans intérêt... Personne n'est épargné, surtout pas les hommes politiques qui "parlent avec des gens qu'ils ne connaissent pas de sujets dont ils ignorent tout", "La seule expérience que peuvent acquérir les députés est l'apprentissage des postures, qui après quelques années devient une science : celle de l'imposture.".

vendredi 11 novembre 2016

La voix des vagues de Jackie Copleton


Date de parution : octobre 2016 aux Editions Les Escales
Nombre de pages : 304

Un jour, un homme d'une quarantaine d'années au visage horriblement défiguré frappe à la porte d'Amaterasu Takahashi, une vieille femme japonaise, et prétend être son petit-fils Hidéo.

Amaterasu est venue trouver refuge en Amérique en 1946 avec son mari après avoir perdu sa fille unique Yuko et son petit-fils Hidéo à Nagasaki lors du bombardement américain du 9 août 1945.

Ce jour là, Amaterasu a vécu l'explosion atomique, qu'elle appelle Pikadon, comme un éclair et un terrible bruit suivis d'un épouvantable silence. Epargnée car elle se trouvait sur les hauteurs à 1,5km du rayon d'action de la bombe, elle découvre une vision d'enfer sous une pluie radioactive noire quand elle dévale la colline à la recherche de son petit-fils de sept ans qu'elle vient de déposer à l'école et de sa  fille avec qui elle avait rendez-vous dans la cathédrale. Aucun des deux n'a survécu, leurs corps n'ont jamais été retrouvés.

Comment savoir si cet homme dit la vérité? D'autant plus qu'il n'a aucun souvenir de son enfance avant la bombe.

mercredi 9 novembre 2016

Festival Livres à vous à Voiron - samedi 5 novembre 2016

Cette année c'était la 8ème édition du festival "Livres à vous" du 3 au 6 novembre en pays voironnais.
Gaëlle Josse et Olivier Tallec en étaient les invités d'honneur.
Au programme :  des rencontres, des expositions, des lectures musicales... Des lectures avec chauffeur, une des animations les plus emblématiques du festival : choisir, écouter une lecture installé dans une vieille voiture et repartir avec le livre...

Voici ce dont j'ai pu profiter le samedi 5 novembre.

mardi 8 novembre 2016

Police d'Hugo Boris




Date de parution : août 2016 chez Grasset
Nombre de pages : 190


J'aime beaucoup la couverture de ce roman, représentant le mot Police à l'envers comme vu dans un rétroviseur avec l'ombre d'un avion projetée sur le sol.

Ce roman d'Hugo Boris nous entraine au cœur des interventions des policiers de terrain. Il va nous faire pénétrer dans leur quotidien constitué d'une variété infinie d'interventions, allant de la plus banale à la plus dramatique. Un sujet peu traité en littérature...

Les trois policiers, héros de ce roman, sont appelés pour une mission inhabituelle pour eux : la prise en charge d'un homme originaire du Tadjikistan, frappé de reconduite à la frontière. Les policiers vont devoir le véhiculer du centre de rétention à l'aéroport de Roissy. L'expulsion, un autre thème assez ignoré par la littérature...

Le récit se déroule en une sorte de huis clos dans une voiture de police par une nuit d'été caniculaire.

dimanche 6 novembre 2016

Avant que naisse la forêt de Jérôme Chantreau




Date de parution : août 2016 aux éditions les Escales
Nombre de pages : 224

Albert, le narrateur, est issu d'une famille aristocratique de Mayenne. Après un tirage au sort malheureux lors d'un partage chez le notaire ses grande parents passent de la condition de châtelains oisifs à celle de forestiers, ils quittent le château familial pour s'installer dans une maison perdue au fin fond de la forêt.

Albert et sa famille habitent et travaillent à Paris et viennent souvent passer leurs week-end  dans la maison.

Cette fois Albert revient dans la demeure familiale suite au décès de sa mère. Après l’incinération il reste seul dans la maison pour organiser la cérémonie d'obsèques de sa mère.

Albert appartient à une famille qui croit au pouvoir des arbres, à l'appel des arbres, il a lui-même un goût prononcé pour la contemplation.

jeudi 3 novembre 2016

Vivre près des tilleuls d'AJAR


Date de parution : août 2016 chez Flammarion
Nombre de pages : 128

Ce roman est une sorte d'Ovni littéraire, une expérience littéraire très particulière car il a été écrit par 18 jeunes écrivains de Suisse romande formant le collectif l'AJAR (Association de jeunes auteur-e-s romandes et romands), un nom choisi en forme de clin d’œil à Romain Gary.
Ce roman nous est présenté comme la publication d'écrits retrouvés dans les archives de la romancière Esther Montandon.

Suite au décès accidentel de sa fille Louise le 3 avril 1960, Esther brûle ses manuscrits et n'a plus jamais écrit ensuite sur la perte de sa fille. Les carnets retrouvés dans les archives contiennent ses impressions, ses pensées et ses réactions après ce deuil.

mardi 1 novembre 2016

Cannibales de Régis Jauffret


Date de parution : août 2016 au Seuil
Nombre de pages : 208

Je me suis lancée dans la lecture de ce roman car il fait partie des 4 finalistes du Goncourt.
Jostein a eu un coup de cœur pour ce roman et dit dans son article qu'il va diviser ses lecteurs entre  coup de cœur et détestation. Pour ma part, j'ai frôlé la détestation...

Il s'agit d'un roman épistolaire entre deux femmes.
Noémie, 24 ans, adresse une lettre à Jeanne la mère de Geoffrey, 52 ans, avec qui elle entretenait une liaison malgré leurs 28 années d'écart "Je suis une femme qui aime le vin des vendanges tardives."
Elle lui écrit pour lui annoncer qu'elle vient de quitter son fils.