mercredi 10 mai 2017

Maestro de Cécile Balavoine

 

Date de parution : avril 2017 aux éditions Mercure de France
Nombre de pages : 224

Voilà un livre qui m'a emportée par sa magnifique écriture dès les premières pages.

Il a suffi d'une interview téléphonique d'un chef d'orchestre renommé, Maestro, pour que Cécile, une journaliste de quarante ans,  tombe amoureuse de sa voix, "Une voix comme une main qui lisserait une étoffe." Les mots ivresse, lumière et plénitude traversent cet échange téléphonique qui s'est transformé en longue discussion.
Pour Cécile cette voix fait ressurgir des souvenirs d'enfance et son amour absolu pour Mozart, sa découverte du musicien à l'âge de huit ans, son amour absolu pour celui qui lui donnait la sensation de vivre plus dans son monde que dans le sien, sa rencontre sensuelle avec les doigts de Mozart lorsqu'elle a joué  sur son piano dans sa maison de Salzbourg, ses séjours à Salzbourg où elle s'est toujours sentie mieux qu'ailleurs avec le sentiment de déjà connaître les lieux. Son seul but était alors de chanter et vivre avec Mozart même après que ses .rêves d'intégrer une école de musique et de devenir chef d'orchestre aient été brisés.

Cécile a un amant, Tristam, un photographe avec qui elle part régulièrement en reportage. Il hésite à quitter sa femme pour elle de peur de faire voler sa vie en éclats "c'est peut être aussi pour cela que je vous accueille dans la mienne." dit-elle intérieurement à Maestro avec qui elle restera toujours dans le vouvoiement.". "J'entends cette voix en moi : Je vous veux tous les deux"

Avec des échanges téléphoniques, des mots chuchotés la nuit, une première rencontre dans les jardins de Sainte Anne Cécile vit un amour fulgurant comme elle n'en a jamais vécu "Aimer dans les mots sans aimer dans la chair" , elle vit une passion qui fait totalement écho à sa passion pour "son mort, Mozart" à travers une voix qui la renvoie à celle du musicien qu'elle a sublimé, à travers un homme qui, de ses mains, fait revivre "son mort".

Ce roman est une magnifique découverte grâce aux 68 premières fois.  
J'ai trouvé ce roman d'une beauté absolue, d'une sensualité à couper le souffle, d'une finesse époustouflante, d'une incroyable pudeur, je l'ai lu par petites touches pour mieux le savourer, relisant régulièrement certains passages, annotant de multiples phrases tellement les mots étaient beaux... Ce roman est tout sauf le récit d'une banale histoire d'amour, c'est tout simplement sublime !
Cécile Balavoine dont c'est le premier roman est une auteure de grand talent, je lui prédis un bel avenir.


Citations
"Peut-être était-ce pour ne jamais grandir, pour continuer à honorer le père que j'avais préféré aimer un mort."

" Comment dire à un homme qu'un autre vous hante? Un mort."

"Une nuit, une seule nuit avec vous. Je la pressens monumentale et tellement minuscule."


L'auteure
Professeur de littérature, Cécile Balavoine est docteur en littérature française et titulaire d’une maîtrise d’allemand.

Après l’Autriche, l’Allemagne puis New York, où elle a vécu et enseigné pendant dix ans, elle a retrouvé la France pour devenir journaliste en 2007.
En 2006, lors du 250e anniversaire de la naissance de Mozart, elle a publié un petit volume sur Salzbourg. À cette occasion, elle a pu rencontrer de nombreux musiciens, chanteurs et chefs d’orchestre, et renouer avec son ancienne passion pour la musique. Elle contribue depuis octobre 2007 aux pôles littérature et musique de nonfiction.fr.
En 2017, elle publie son premier roman, "Maestro", ainsi qu’une anthologie, "Le goût du piano", aux éditions Mercure de France.

13ème lecture parmi les quinze premiers romans de la sélection rentrée d'hiver des 68 premières fois
 


39ème contribution au Challenge Rentrée Hiver 2017 organisé par Laure de MicMelo
 



4 commentaires:

  1. Comme d'hab', magnifique ! et tu sais combien je suis de ton avis !

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    1. Qu'il est beau, mais qu'il est beau ce livre...
      Très impressionnant pour un premier roman !

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  2. Je serais vraiment surprise que tu ne tombes pas aussi sous le charme...
    En voilà un que je mets sur le podium sans hésitation

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